Dr Paul Eloundou, médecin de ville es salubrité publique

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A l’image de tant d’autres capitales en Afrique, Yaoundé ne cesse de s’étendre. En 20 ans, elle a vu sa population tripler – près de 3 millions d’habitants aujourd’hui – et de nombreux quartiers informels sont sortis de terre, exclus de tout plan d’urbanisme sur le long terme et dépourvus de systèmes d’assainissement de qualité et d’approvisionnement sécurisé en eau potable.

Entre épisodes de sécheresse extrême et pluies diluviennes, les habitants de Yaoundé, deuxième plus grande ville du Cameroun, voient leur qualité de vie affectée – de même que leur santé.

A chaque saison des pluies, la rivière Mfoundi qui traverse la ville et charrie près de 80 % de ses eaux de surface – outre de nombreux déchets dont il est le déversoir –, sortait de son lit, inondant les alentours – habitations, marchés, pistes et commerces…

Entre 1980 et 2014, plus de 130 inondations ont ainsi frappé la capitale.

« Les maladies liées à la pollution atmosphérique et à l’environnement sont un problème de santé publique », décrète, sur un ton grave, le Dr Paul Onomo Eloundou Nommé à la direction de l’hôpital du district d’Efoulan, dans le quartier sud de Yaoundé, ce rhumatologue de formation est sur tous les fronts.

Or comment garantir la salubrité publique, quand manquent les réseaux d’assainissement, d’eau potable et les infrastructures de gestion des pluies et des déchets ?

Voilà pourquoi le Fonds africain de développement a décidé de s’emparer du sujet, débloquant, dès 2013, quelque 36 millions de dollars pour le Programme d’assainissement de Yaoundé (PADY). Objectif : améliorer la gestion des eaux pluviales et l’hygiène, et assurer l’intégration harmonieuse des infrastructures d’assainissement dans la ville.

Un peu plus d’un an après le début du projet, les effets se faisaient déjà sentir : « On s’est rendu compte que la courbe des infections était en train de fléchir, notamment pour le paludisme et les maladies diarrhéiques de l’enfant, se réjouit le Dr Eloundou, blouse blanche et stéthoscope autour du cou.

Il y a foule devant cet hôpital public de district. Entre deux consultations, il explique : « Ces maladies étaient très fréquentes avant le projet (PADY). Elles le sont encore, mais pas avec la même amplitude, non plus avec la même sévérité qu’avant le projet ».

Face aux retombées positives, achevé en 2014, le Fonds africain de développement a décidé de renouveler son engagement et de poursuivre le programme, baptisé pour cette deuxième phase PADY II, auquel il a alloué près de 30 millions de dollars.

Curage et recalibrage de la rivière Mfoundi, développement de quelque 20 km de canaux de drainage, construction d’une station d’épuration et de traitement des boues, équipements de mesure hydrométéorologique, pistes pavées dans les quartiers riverains de la rivière… Le chantier qu’ont entraîné PADY I et II était des plus ambitieux, offrant des centaines d’emplois aux populations locales – sans compter les bacs à ordures aménagés complétés d’une unité de compostage.

Désormais, quand il pleut sur la ville de Yaoundé, le Mfoundi ne sort plus de ses gonds et les eaux pluviales ne viennent plus engorger les quartiers riverains. Les inondations qui venaient noyer la ville chaque année ont ainsi été divisées par 5, passées de 15 à 3 en moyenne.

« Je parle en tant qu’habitant de Yaoundé et pas seulement en tant que médecin, tient à préciser le Dr Eloundou, ce projet est très important ». Et d’ajouter : « Yaoundé est en train de changer en bien. »

Preuve de l’ampleur des effets bénéfiques de ce projet en deux phases, il a été décidé de poursuivre ce chantier titanesque avec le Projet complémentaire d’assainissement durable de Yaoundé (PCADY), auquel le Fonds africain de développement a promis, en décembre 2021, près de 38,6 millions de dollars.

Une nouvelle page s’est tournée, pour Yaoundé. De même que pour le Dr Eloundi, nommé en 2020 à la tête d’un nouvel hôpital de district, celui de la Cité verte.